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PREVENTEUR SANS FRONTIERE
"En Côte d'Ivoire, il y a 8000 accidents de travail par an" Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Frimo D. Koukou   
14-03-2007

M. Godé Paulin, Président de "Préventeur sans frontière" (PSF) : "En Côte d'Ivoire, il y a 8000 accidents de travail par an". 

Dans cet entretien, M. Godé Paulin, ancien député et agent de la CNPS, parle des risques professionnels et propose une démarche de prévention.

Dites-nous ce qu'est la prévention pour vous ?
La prévention, à notre sens, c'est le moyen, par excellence, pour l'élimination à la source même, des risques. Ils peuvent être d'ordre professionnel, individuel ou collectif. Cela peut nous arriver à tout moment de la vie. C'est pourquoi, il est bon de les prévenir.


Combien sont-ils les Ivoiriens qui s'exposent à ces risques ?
Il est dommage de constater que la mort et les lésions graves sont fréquentes dans nos pays. En Côte d'Ivoire, on enregistre en moyenne 8000 accidents de travail par an et les charges de réparation se chiffrent à 3 milliards au moins par an. Mais je voudrais dire que le travailleur, généralement peu formé, et utilisant des machines dont il ignore la complexité, se trouve aux prises avec des risques énormes. Des statistiques permettent de mesurer l'ampleur du phénomène. En effet, chaque année, selon le Bureau international du Travail (BIT), deux (2) millions de personnes perdent le droit à la vie, par suite d'accidents ou maladies, directement liés a leur occupation professionnelle. Il y a 35500 accidents mortels sur les lieux de travail, chaque année. Et on dénombre également 12 mille enfants victimes d'accidents mortels. Les substances dangereuses tuent environ 340 mille travailleurs par an.

Devant ce sombre tableau des accidents, devons-nous attendre que le mal se produise, avant d'envisager sa prévention ?
Il n'est pas littéralement acceptable que les blessures et les maladies au travail constituent " les risques du métier ". On peut donc sans risque de se tromper, affirmer que le monde du travail connaît un fléau social. Dans le contexte actuel, le défi est de garantir qu'un nombre important de travailleurs bénéficient d'un environnement de travail sûr et salubre…

Malheureusement, il semble que nombre d'entreprises, d'Institutions et de personnes ne s'en préoccupent guère, alors…
C'est justement notre raison d'être, en tant que ONG. Pour assurer le droit à la vie et le droit au travail décent, "Préventeur Sans Frontière (PSF)" a été créée par un groupe de professionnels de santé et de sécurité au travail avec l'appui et le concours du Bureau international du Travail. PSF est apolitique. Elle est régie par la loi 60-315 du 21/09/1960, portant organisation et fonctionnement des associations en Côte d'Ivoire.

Quels sont les objectifs de cette ONG ?
Tout en remerciant les Institutions nationales et internationales pour leur sollicitude à notre égard et leur disponibilité. PSF voudrait résolument s'inscrire dans le vaste champ d'actions avec l'appui et l'implication sans cesse renouvelée de celles-ci, par la réalisation de ses objectifs. Ils se résument essentiellement en la dénonciation par tout moyen : des mauvaises conditions de travail, des méthodes, des substances et machines dangereuses susceptibles de mettre en péril, la vie des travailleurs en particulier et celle des populations en général, la promotion du développement durable, la promotion de la prévention durable, la promotion d'un environnement de travail sûr et salubre.

Disposez-vous de moyens conséquents pour vos objectifs, et comment la prévention des risques professionnels deviendra-t-elle un état d'esprit en Côte d'Ivoire?

PSF voudrait contribuer à l'éveil de cet état d'esprit et se donner pour se faire, les moyens ci-dessus, énumérés pour amener les populations à une prise de conscience réelle. Nous entendons tenir des réunions périodiques nationales et/ou internationales des membres, confronter les expériences. Nous devons également faire des recherches et mener des enquêtes en matière de prévention des risques professionnels. Dans nos démarches, nous souhaitons collaborer, avec bien entendu, le partenaire naturel, l'Office national de la Protection civile (ONPC), l'OIT, l'OMS, les caisses de sécurité sociale, les associations de prévention nationales et étrangères, les associations de défense des Droits de l'Homme sans oublier les syndicats. Parce que nous comptons même organiser des marches de dénonciation, de meeting ; nous allons également faire des publications périodiques.

Vous voulez faire beaucoup de choses à la fois. Mais quelle est la nature réelle de vos activités ?
Nos activités sont scientifiques et techniques. Elles contribuent à la réalisation de nos objectifs. Elles seront développées à travers plusieurs commissions qui travailleront dans l'agro-industrie, l'industrie chimique, le bâtiment et les travaux publics, l'électricité. Certaines commissions s'occuperont de la sécurité incendie, la radioprotection, l'industrie métallurgique, la santé et l'environnement du travail. Quand d'autres se pencheront sur la sécurité des machines, l'industrie minière, la prévention des accidents et la sécurité routière.

 
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